Fresque du baiser fraternel peinte sur un pan conservé du mur de Berlin, à l’East Side Gallery.
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Construction du mur de Berlin

pourquoi et comment

Bâti en une nuit d’août 1961, renforcé pendant vingt-huit ans, tombé en quelques heures.

Réponse rapide

Le mur de Berlin a été érigé à partir de la nuit du 12 au 13 août 1961 par la RDA, l’Allemagne de l’Est, pour empêcher ses habitants de fuir vers Berlin-Ouest. Simple barrage de barbelés au départ, il est devenu une frontière fortifiée de béton, longue d’environ 155 kilomètres. Il est tombé le 9 novembre 1989.

  • Date de construction : nuit du 12 au 13 août 1961.
  • Raison : retenir la population est-allemande, pas se défendre.
  • Nature : d’abord du barbelé, puis un mur de béton fortifié.
  • Chute : le 9 novembre 1989, après vingt-huit ans.

Le mur de Berlin en bref

Le mur de Berlin n’a pas été conçu comme un ouvrage définitif. Il est né dans l’urgence, la nuit du 12 au 13 août 1961, sous la forme de barbelés et de barrages posés à la hâte le long de la ligne qui séparait les secteurs est et ouest de la ville. C’est la RDA, l’Allemagne de l’Est, qui l’a dressé, avec le soutien de l’Union soviétique. Sa fonction était claire : retenir sa propre population.

Dans les années qui ont suivi, ce premier barrage s’est mué en une frontière lourde, faite de béton, de grillages et de dispositifs de surveillance, courant sur tout le pourtour de Berlin-Ouest. L’ensemble a tenu jusqu’au 9 novembre 1989, date de sa chute.

Pourquoi le mur a été construit

Pour comprendre le mur, il faut remonter à la fin de la Seconde Guerre mondiale. En 1945, l’Allemagne vaincue est divisée en zones d’occupation, et Berlin, bien que située en plein cœur de la zone soviétique, est elle-même partagée entre les vainqueurs. De cette partition naissent deux États en 1949 : la RFA à l’Ouest, la RDA à l’Est. Berlin reste coupée en deux, mais on peut encore, pendant une douzaine d’années, passer d’un secteur à l’autre.

Cette porosité devient un problème pour l’Est. Des centaines de milliers d’Allemands de l’Est, souvent jeunes et qualifiés, passent à l’Ouest en empruntant Berlin comme point de sortie. L’hémorragie fragilise la RDA. Fermer cette brèche devient, pour ses dirigeants, une question de survie. Le mur est la réponse : non pas se protéger d’une menace extérieure, mais enfermer ses habitants.

La nuit du 13 août 1961

L’opération est préparée dans le secret et lancée un dimanche, quand la ville dort. Dans la nuit du 12 au 13 août 1961, les forces est-allemandes déroulent des kilomètres de fil de fer barbelé, dressent des barrières et coupent les rues qui traversaient la frontière. Au matin, Berlin se réveille scindée.

Les conséquences sont immédiates et brutales. Des lignes de transport sont interrompues, des rues barrées en leur milieu, des immeubles dont la façade donnait à l’Ouest murés. Des familles se retrouvent séparées du jour au lendemain, parfois de part et d’autre d’une même rue. Ce qui n’était qu’un tracé administratif devient une coupure physique.

À quoi ressemblait le mur

Le mur de 1961 n’a presque rien de commun avec l’image que l’on en garde. L’ouvrage improvisé des premiers jours n’a cessé d’être renforcé : le barbelé initial est vite doublé, puis remplacé par des blocs de béton. Au fil des reconstructions, la RDA met au point un dispositif complet, pensé pour être infranchissable.

Dans sa version la plus aboutie, il ne s’agit plus d’un simple mur mais d’une bande frontalière, où les obstacles se superposent pour qu’aucun ne suffise à lui seul.

Côté Ouest

La paroi de béton

Un mur d’environ 3,6 mètres de haut, souvent coiffé d’un tube lisse pour empêcher toute prise.

Au milieu

La bande de la mort

Un espace dégagé et éclairé derrière la paroi, balayé par les projecteurs et interdit d’accès.

En surveillance

Miradors et obstacles

Tours de guet, chemins de ronde, fossés antivéhicules et second mur complétaient le dispositif.

Un ouvrage qui a coupé une ville en deux

Le mur n’a pas seulement séparé deux systèmes politiques ; il a désorganisé une ville entière. Des quartiers autrefois continus se sont retrouvés bordés d’une zone interdite. La circulation entre les deux Berlin ne passait plus que par quelques points de contrôle, dont le célèbre Checkpoint Charlie, réservés à des catégories précises de voyageurs.

Malgré le dispositif, des habitants ont tenté de passer à l’Ouest : en creusant des tunnels sous la frontière, en sautant depuis les fenêtres d’immeubles bordant la ligne, ou en se dissimulant dans des véhicules. Beaucoup ont échoué, et un nombre de personnes qui reste débattu parmi les historiens a perdu la vie en essayant. Ces tentatives disent l’essentiel : le mur n’a jamais été accepté par ceux qu’il enfermait.

La chute et ce qu’il en reste

Le mur tombe le 9 novembre 1989, presque aussi vite qu’il avait été dressé. Sous la pression des manifestations et dans le désordre d’une annonce officielle mal maîtrisée, les points de passage s’ouvrent et la foule franchit la frontière. Dans les mois qui suivent, l’ouvrage est démantelé, et l’Allemagne se réunifie en 1990.

Aujourd’hui, il ne subsiste du mur que des fragments, conservés à dessein. Des pans entiers ont été rasés, mais certains segments demeurent, comme à l’East Side Gallery, et une ligne de pavés suit par endroits l’ancien tracé dans les rues de Berlin. Ces vestiges rappellent qu’une frontière bâtie en une nuit a tenu vingt-huit ans avant de céder.

Quand le mur de Berlin a-t-il été construit ?

La construction a commencé dans la nuit du 12 au 13 août 1961, avec la pose de barbelés et de barrages le long de la frontière entre Berlin-Est et Berlin-Ouest.

Pourquoi le mur a-t-il été construit ?

Pour empêcher la population est-allemande de fuir vers l’Ouest via Berlin. La RDA perdait de nombreux habitants, souvent jeunes et qualifiés ; le mur visait à fermer cette voie de sortie.

Combien de temps le mur a-t-il tenu ?

Environ vingt-huit ans, du 13 août 1961 au 9 novembre 1989, date de sa chute.

Que reste-t-il du mur aujourd’hui ?

Quelques segments conservés, comme à l’East Side Gallery, et une ligne de pavés qui marque par endroits l’ancien tracé dans les rues de Berlin.

Peu de constructions résument aussi bien une époque : le mur de Berlin a matérialisé la Guerre froide dans le béton, avant d’en devenir, en tombant, le symbole de la fin.