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Construction du mur de Berlin

la date, le contexte et la chute

Le mur n’a pas surgi en une nuit ni pour les raisons qu’on croit. La date exacte, ce qui l’a provoqué, et comment il est tombé.

Section conservée du mur de Berlin longeant une esplanade, devant un grand bâtiment ancien
Réponse rapide

La construction du mur de Berlin a commencé dans la nuit du 12 au 13 août 1961, lorsque la RDA a fermé la frontière entre Berlin-Est et Berlin-Ouest avec des barbelés. Ces clôtures ont été remplacées les jours suivants par un mur maçonné. Le mur est resté en place jusqu’à sa chute, dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989.

  • 13 août 1961 : fermeture brutale de la frontière, d’abord avec des barbelés.
  • Une enclave coupée : Berlin-Ouest, secteur occidental enclavé en pleine RDA.
  • Une cause claire : stopper l’exode de la population est-allemande vers l’Ouest.
  • 9-10 novembre 1989 : la chute, après vingt-huit ans de séparation.

La date

dans la nuit du 12 au 13 août 1961

La construction du mur de Berlin a débuté dans la nuit du 12 au 13 août 1961. Cette nuit-là, les forces de la République démocratique allemande (RDA, l’Allemagne de l’Est) bouclent la frontière entre les secteurs est et ouest de Berlin. Dans un premier temps, il ne s’agit pas d’un mur de béton mais de barbelés et de clôtures, posés en urgence pour interrompre tout passage.

C’est une nuance qui compte, car on imagine souvent un mur dressé d’un seul coup. La réalité est progressive : les barbelés des premiers jours sont remplacés dans les semaines suivantes par un mur maçonné, édifié par des ouvriers est-allemands sous surveillance. Le 13 août reste néanmoins la date de référence, celle où Berlin se retrouve coupée en deux.

Le dispositif s’étendra finalement sur environ 155 kilomètres autour de Berlin-Ouest, dont une portion d’une quarantaine de kilomètres séparant directement les deux moitiés de la ville. Sa hauteur, dans sa version achevée, est de l’ordre de 3,5 à 3,6 mètres.

Pourquoi la RDA a fermé Berlin

Pour comprendre cette nuit d’août 1961, il faut revenir à la situation de Berlin après la Seconde Guerre mondiale. La ville, comme l’Allemagne, a été divisée entre les vainqueurs : un secteur soviétique à l’est, trois secteurs occidentaux — américain, britannique, français — à l’ouest. Berlin-Ouest devient ainsi une enclave occidentale en pleine RDA.

Cette enclave pose un problème grandissant à l’Est. Depuis la création des deux Allemagnes en 1949, des centaines de milliers de personnes quittent chaque année la RDA pour passer à l’Ouest, et Berlin est la principale porte de sortie : il suffit de franchir une rue pour changer de monde. Au fil des années, ce sont plus de deux millions d’Allemands de l’Est qui fuient, souvent jeunes et qualifiés. Pour la RDA, cette hémorragie démographique devient intenable.

Deux noms pour un même mur

La RDA présentait le mur comme un « rempart de protection antifasciste » contre l’Ouest. À l’Ouest, on a vite parlé du « mur de la honte ». Mais sa fonction première était d’empêcher les habitants de l’Est de partir, pas de protéger d’une menace extérieure.

Les premiers jours

du barbelé au béton

L’opération du 13 août est préparée dans le secret et menée avec rapidité. Pendant la nuit, les rues sont éventrées, les voies de tramway et de métro reliant les deux parties sont coupées, des barbelés sont déroulés le long de la ligne de démarcation. Au matin, les Berlinois découvrent leur ville scindée.

Dans les jours qui suivent, le provisoire se durcit. Les barbelés laissent place à des blocs de béton et à un véritable mur, monté maison par maison là où la frontière passait au milieu des quartiers. Des immeubles entiers donnant sur l’Ouest sont murés, puis évacués. Les familles séparées du jour au lendemain ne peuvent plus se rendre visite. Les puissances occidentales protestent mais n’interviennent pas militairement : un affrontement direct sur Berlin aurait fait courir le risque d’une guerre ouverte entre blocs.

Un mur qui se renforce pendant trente ans

Le mur de 1961 n’a pas grand-chose à voir avec celui des années 1980. Au fil des décennies, le dispositif est plusieurs fois reconstruit et perfectionné pour devenir quasi infranchissable. La version la plus aboutie, à partir du milieu des années 1970, est un mur de béton lisse et haut, difficile à escalader. Derrière ce mur visible s’étend un système bien plus large.

Double mur

Deux barrières

Côté ville, un mur de béton lisse et haut. Derrière, souvent, une seconde barrière, laissant entre les deux un espace contrôlé.

Bande de la mort

Un terrain nu surveillé

Entre les deux murs, une bande dégagée, éclairée la nuit, balayée par des projecteurs et parcourue par des patrouilles.

Miradors

Des centaines de tours

Des tours de guet jalonnaient le tracé. Quelques points de passage contrôlés, dont Checkpoint Charlie, permettaient de rares franchissements officiels.

Malgré ces fortifications, des milliers de personnes tenteront de passer à l’Ouest, par des tunnels, des caches ou des moyens improvisés. Beaucoup réussiront ; d’autres y laisseront la vie, abattues dans la bande frontalière.

La chute, dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989

À la fin des années 1980, le bloc de l’Est se fissure. Les réformes engagées en URSS, la montée des contestations en Europe centrale et l’ouverture progressive d’autres frontières mettent la RDA sous pression. Des manifestations de plus en plus massives réclament la liberté de circuler.

Le 9 novembre 1989, une annonce confuse des autorités est-allemandes sur l’assouplissement des conditions de voyage est comprise comme une ouverture immédiate. Des foules se pressent aux points de passage. Débordés, les gardes-frontières finissent par lever les barrières. Dans la nuit, des Berlinois de l’Est et de l’Ouest se retrouvent sur le mur, le franchissent, commencent à l’abattre à coups d’outils. La chute ouvre la voie à la réunification allemande, officialisée le 3 octobre 1990.

Les dates clés à retenir

Quelques repères suffisent à fixer l’histoire du mur, de la division de Berlin à sa réunification.

  1. 1945 — Berlin est divisée

    Après la guerre, la ville est partagée en quatre secteurs. Berlin-Ouest devient une enclave occidentale en territoire est-allemand.

  2. 13 août 1961 — La construction

    La RDA ferme la frontière avec des barbelés, bientôt remplacés par un mur maçonné. Berlin est coupée en deux.

  3. Années 1970 — Le mur fortifié

    Le dispositif est reconstruit en un mur de béton haut et lisse, doublé d’une bande surveillée et de miradors.

  4. 9-10 novembre 1989 — La chute

    Sous la pression populaire, les gardes-frontières lèvent les barrières. La foule franchit le mur et commence à l’abattre.

  5. 3 octobre 1990 — La réunification

    Moins d’un an après la chute, les deux Allemagnes sont officiellement réunifiées.

Quelle est la date exacte de la construction du mur de Berlin ?

La construction a commencé dans la nuit du 12 au 13 août 1961, avec la pose de barbelés par la RDA. Ces clôtures ont été remplacées les semaines suivantes par un mur maçonné. Le 13 août 1961 est la date de référence retenue.

Pourquoi le mur de Berlin a-t-il été construit ?

Pour empêcher la population de la RDA de fuir vers l’Ouest. Depuis 1949, plus de deux millions d’Allemands de l’Est étaient passés à l’Ouest, principalement par Berlin. Fermer la ville revenait à colmater la dernière brèche du rideau de fer.

Combien de temps le mur de Berlin a-t-il existé ?

Vingt-huit ans, du 13 août 1961 à la nuit du 9 au 10 novembre 1989. Pendant cette période, le dispositif a été plusieurs fois reconstruit et renforcé.

Quelle était la longueur du mur de Berlin ?

Le mur s’étendait sur environ 155 kilomètres autour de Berlin-Ouest, dont une portion d’une quarantaine de kilomètres séparant directement Berlin-Est de Berlin-Ouest à l’intérieur de la ville.

Quand le mur de Berlin est-il tombé ?

Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989, après une annonce est-allemande sur l’ouverture des frontières comprise comme immédiate. La chute a ouvert la voie à la réunification allemande, officialisée le 3 octobre 1990.

Deux dates résument tout : le 13 août 1961, quand un régime ferme la porte à sa propre population, et le 9 novembre 1989, quand cette population la rouvre elle-même.