Jardin · Aménagement extérieur

Jardin des Plantes de Toulouse

trois jardins, trois accès

Sept hectares au sud du centre, deux passerelles, un muséum et un jardin botanique universitaire : l’ensemble se comprend mieux quand on sait ce qui se visite comment.

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Réponse rapide

Le Jardin des Plantes de Toulouse est un parc public d’environ sept hectares, dans le quartier du Busca, relié au Grand-Rond puis au Jardin Royal par des passerelles qui franchissent les allées. Sur ce même périmètre coexistent trois choses qui ne s’ouvrent pas de la même façon : le parc, le Muséum d’histoire naturelle et le jardin botanique Henri-Gaussen. C’est la confusion entre les trois qui produit le plus de visites ratées.

  • Le parc : jardin municipal, accès libre, horaires saisonniers.
  • Le Muséum : musée à part entière, avec billetterie et jour de fermeture.
  • Le jardin botanique : collection universitaire, entrée par le Muséum.
  • Les passerelles : trois jardins traversés sans poser le pied sur la chaussée.

Un jardin qui n’existe pas tout seul

Le Jardin des Plantes de Toulouse occupe environ sept hectares au sud-est du centre-ville, dans le quartier du Busca, entre le Muséum d’histoire naturelle et la faculté de médecine, à deux pas de l’église Saint-Exupère. Son emprise dessine un triangle irrégulier. C’est le plus vaste des trois jardins du secteur, et celui qu’on nomme quand on parle du quartier, mais il ne se comprend qu’avec les deux autres.

Le Grand-Rond, jardin circulaire posé au milieu d’un carrefour, et le Jardin Royal, plus petit et plus ancien, complètent l’ensemble. Les trois ne se touchent pas : des voies passantes les séparent. Des passerelles piétonnes, conçues à la fin du XIXe siècle, franchissent les allées et les relient entre elles. On passe donc du Jardin Royal au Grand-Rond, puis du Grand-Rond au Jardin des Plantes, sans jamais poser le pied sur la chaussée.

La confusion la plus fréquente vient de là. Un visiteur qui cherche le Jardin des Plantes s’arrête parfois au Grand-Rond et croit avoir vu ce qu’il venait voir. Les trois jardins forment une promenade continue au sud du centre, dont le Jardin des Plantes occupe l’extrémité la plus large.

Ce que l’on voit en traversant le Jardin des Plantes

L’ambiance est celle d’un parc paysager du XIXe siècle plutôt que d’un jardin botanique à la française : allées sinueuses, pelouses, groupes d’arbres, pièce d’eau. Des oiseaux d’eau et des paons circulent librement dans le parc, vestiges assumés d’une époque où le lieu abritait un petit parc zoologique. Les animaux ont été retirés dans les années 1970, mais la volaille ornementale est restée et surprend encore les visiteurs de passage.

Le jardin est ponctué de sculptures, dont plusieurs d’Alexandre Falguière, sculpteur toulousain du XIXe siècle, et l’on y croise des éléments d’architecture ancienne remontés dans le parc, notamment des portes de la Renaissance sauvées de démolitions urbaines. Un mémorial dédié aux Justes parmi les nations occupe une partie plus calme. L’ensemble donne au lieu un caractère composite, à mi-chemin du parc d’agrément et du dépôt lapidaire.

Les entrées sont multiples et portent chacune un nom, ce qui déroute au premier passage et devient commode dès qu’on connaît le quartier : on se donne rendez-vous à une grille, pas au jardin. Aires de jeux et vastes pelouses en font surtout, au quotidien, un parc de quartier très fréquenté, avant d’être une curiosité pour visiteurs.

Muséum, jardin botanique

trois régimes d’accès sur le même périmètre

Sur ce périmètre coexistent trois entités distinctes, qui n’ont ni le même statut ni les mêmes conditions d’entrée. Le parc relève de la ville, le Muséum est un musée fondé au milieu du XIXe siècle, et le jardin botanique Henri-Gaussen est une collection scientifique rattachée à l’université, installée dans un enclos voisin du musée. Beaucoup de visiteurs traversent le parc en pensant avoir vu le jardin botanique, alors qu’ils sont passés à côté sans jamais l’ouvrir.

Ce que c’estComment on y entreCe qu’on y trouve
Le Jardin des Plantes, parc municipalAccès libre, par l’une des grilles, aux horaires saisonniers des parcs de la villeAllées paysagères, pièce d’eau, paons, sculptures, aires de jeux
Le Muséum d’histoire naturelleEntrée payante côté allées Jules-Guesde, avec un jour de fermeture hebdomadaireExpositions permanentes sur la biodiversité, la géologie et l’évolution
Le jardin botanique Henri-GaussenPar le Muséum uniquement, aux conditions d’accès du muséeCollections ethnobotaniques, serres, plusieurs milliers d’espèces cultivées

Tarifs, horaires et jours de fermeture évoluent régulièrement : ils se vérifient avant de se déplacer, en particulier si la visite du musée conditionne celle du jardin botanique.

D’un terrain de la Société des sciences à un parc de quartier

L’origine du jardin est savante. Dans les années 1730, la Société des sciences de Toulouse obtient un terrain pour y installer un jardin de plantes, dans la tradition des jardins de simples liés à l’enseignement de la médecine. Les collections sont transférées sur l’emplacement actuel au milieu du XVIIIe siècle, et le lieu reste longtemps un outil d’étude plus qu’une promenade.

Le basculement a lieu à la fin du XIXe siècle : à l’occasion d’une exposition internationale organisée dans la ville, l’espace est réaménagé et ouvert comme jardin public. La proximité de la faculté de médecine, du Muséum et de l’église Saint-Exupère fixe alors la physionomie du quartier, qui n’a pas beaucoup changé depuis. C’est aussi ce passé d’agrément, et non une logique de collection, qui explique que le parc soit organisé en scènes paysagères et non en planches classées par familles.

Dans quel ordre parcourir l’ensemble

L’itinéraire le plus lisible prend l’ensemble par le petit bout, du plus ancien au plus vaste, et garde le musée pour la fin.

  1. Commencer par le Jardin Royal

    Créé au milieu du XVIIIe siècle par Louis de Mondran, c’est le premier jardin public de Toulouse. Moins de deux hectares, redessinés à l’anglaise dans les années 1860, avec de beaux sujets : ginkgo biloba, micocouliers, cèdres du Liban, tulipiers de Virginie, magnolias et jusqu’à des orangers des Osages. On y croise aussi des statues liées à la mémoire aéronautique de la ville, dont Saint-Exupéry et les pionniers de l’Aéropostale.

  2. Franchir la passerelle vers le Grand-Rond

    Le jardin circulaire ne se lit vraiment qu’une fois qu’on y est entré : depuis la rue, le rond-point masque le dessin. C’est le point de bascule de la promenade, et le plus animé aux beaux jours.

  3. Passer au Jardin des Plantes

    La seconde passerelle donne sur la partie la plus vaste. Au printemps, les magnolias du secteur fleurissent avant que les grands arbres ne se garnissent, et c’est le moment où le parcours est le plus démonstratif ; en plein été, l’intérêt bascule vers les allées couvertes et l’ombre des grands sujets.

  4. Terminer par le Muséum

    Une visite de musée coupe le rythme de la marche, et la sortie redonne directement sur le parc. C’est aussi le seul point d’entrée du jardin botanique, ce qui règle la question de l’ordre.

Accès

Le secteur est desservi par la ligne B du métro, station Palais-de-Justice, ainsi que par le tramway et plusieurs lignes de bus. C’est la solution la plus simple : le quartier est dense et le stationnement de surface, limité.

Ce que ces jardins suggèrent pour un jardin toulousain

Un jardin public bien installé est un banc d’essai grandeur nature : les arbres qui y prospèrent depuis un siècle et demi ont prouvé qu’ils supportent le climat local. Ginkgo, micocoulier, cèdre du Liban, tulipier de Virginie, magnolia, oranger des Osages indiquent tous la même chose, un climat qui tolère des étés chauds et secs et des hivers doux. Mais la vraie leçon n’est pas dans la liste d’essences.

Elle est dans l’échelle. Un cèdre du Liban ou un tulipier de Virginie sont des arbres de parc : superbes à trente ans, impossibles à corriger ensuite. Dans un jardin de ville, ils prennent toute la place et privent la maison de lumière une bonne partie de l’année. Le micocoulier, très présent dans le Sud-Ouest, encaisse la chaleur et se contente d’un sol ordinaire, mais réclame lui aussi de la place. La question à se poser n’est donc pas « quelle essence tient ici », à laquelle ces jardins répondent largement, mais « quelle envergure mon terrain peut-il absorber dans vingt ans ».

Grand terrain

Un sujet de parc, et c’est tout

Cèdre, tulipier, micocoulier : à réserver aux terrains qui peuvent leur céder un quart de leur surface. Planté seul et loin des façades, un tel arbre structure le jardin pour des décennies ; planté en limite, il devient un contentieux de voisinage.

Terrain moyen

Croissance lente, entretien faible

Le ginkgo reste une option raisonnable : il pousse lentement, ne demande presque rien et supporte la chaleur urbaine. Le magnolia s’accommode d’un emplacement abrité et donne sa floraison au moment où le jardin est encore nu.

Le principe

Peu d’arbres, bien placés

Dans ces jardins, l’ombre d’été est produite par quelques grands sujets, pas par une accumulation de petits arbres. Un ou deux arbres bien choisis et laissés se développer rendent plus de service qu’une bordure de dix arbustes à tailler chaque année.

Le Jardin des Plantes de Toulouse est-il gratuit ?

Oui, le parc est un jardin public municipal en accès libre, avec des heures d’ouverture qui varient selon la saison comme pour les autres parcs de la ville. Ce qui est payant, c’est le Muséum d’histoire naturelle qui le borde.

Quelle différence entre le Jardin des Plantes, le Grand-Rond et le Jardin Royal ?

Ce sont trois jardins distincts, voisins mais séparés par des voies, et reliés entre eux par des passerelles piétonnes. Le Jardin des Plantes est le plus vaste, le Grand-Rond est le jardin circulaire du carrefour, et le Jardin Royal, plus petit, est le plus ancien jardin public de Toulouse.

Qu’est-ce que le jardin botanique Henri-Gaussen ?

Une collection scientifique universitaire, installée dans un enclos voisin du Muséum et non dans les allées du parc. On y trouve des collections ethnobotaniques, plantes médicinales, alimentaires ou industrielles, ainsi que des serres qui abritent notamment des succulentes et des plantes carnivores.

Y a-t-il encore des animaux dans le Jardin des Plantes ?

Plus de parc zoologique : les animaux ont été retirés dans les années 1970. Restent des oiseaux d’eau autour du bassin et des paons qui circulent librement dans le parc, hérités de cette période.

Quelle saison choisir pour la visite ?

Le printemps met en valeur les floraisons, magnolias en tête, à un moment où les grands arbres n’ont pas encore leur feuillage et où le dessin des jardins reste lisible. L’été déplace l’intérêt vers les allées ombragées, ce qui rend la traversée des trois jardins nettement plus supportable qu’un parcours en plein soleil.