Construction du Louvre
huit siècles de chantier
De la forteresse médiévale de Philippe Auguste à la pyramide de verre, l’histoire d’un palais qui ne s’est jamais vraiment arrêté de se construire.
Le Louvre est né vers 1190 comme forteresse de Philippe Auguste, avant de devenir un palais Renaissance sous François Ier, puis d’être agrandi pendant des siècles. Ouvert en musée dès 1793 et achevé sous Napoléon III, il reçoit sa pyramide de verre en 1989.
- Une forteresse d’abord : un château défensif vers 1190, bien avant l’idée de palais.
- Un palais Renaissance : Pierre Lescot ouvre la Cour Carrée au XVIe siècle.
- Un musée dès 1793 : le palais royal s’ouvre au public sous la Révolution.
- La pyramide en 1989 : le dernier grand geste, signé Ieoh Ming Pei.
À l’origine, une forteresse médiévale
Le Louvre ne commence pas comme un palais, mais comme un ouvrage militaire. Vers 1190, le roi Philippe Auguste fait construire une forteresse à l’ouest de Paris, avant de partir en croisade. Le bâtiment doit protéger la ville du côté le plus exposé, le long de la Seine. Au centre se dresse un puissant donjon circulaire, la Grosse Tour, entouré de murailles et de fossés.
Rien, à ce stade, n’évoque le musée d’aujourd’hui. On est face à un château défensif, fonctionnel, pensé pour surveiller et résister. Comprendre le Louvre, c’est d’abord accepter cette origine guerrière, très éloignée de sa vocation actuelle.
Le socle médiéval n’a pas disparu : les fondations de la forteresse, dégagées lors des grands travaux du XXe siècle, se visitent aujourd’hui en sous-sol du musée.
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Vers 1190 — La forteresse
Philippe Auguste fait bâtir un château défensif avec un donjon central pour protéger Paris à l’ouest.
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1528 — La fin du donjon
François Ier fait abattre la vieille tour et engage la transformation en résidence Renaissance.
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Milieu du XVIe siècle — L’aile Lescot
Pierre Lescot élève la première aile Renaissance et amorce la Cour Carrée.
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Sous Henri IV — La Grande Galerie
Un long bâtiment au bord de l’eau relie le Louvre au palais des Tuileries.
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Vers 1667-1670 — La Colonnade
La façade est reçoit sa longue rangée de colonnes, sommet du classicisme français.
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1793 — Le musée
Le palais s’ouvre au public sous le nom de Muséum central des arts.
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Années 1850 — Le Nouveau Louvre
Napoléon III fait achever la jonction avec les Tuileries, portant le site à son ampleur maximale.
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1989 — La pyramide
Ieoh Ming Pei signe la pyramide de verre au centre de la cour Napoléon.
Du château fort au palais Renaissance
La forteresse perd peu à peu son rôle militaire à mesure que Paris s’agrandit. Dès le XIVe siècle, Charles V transforme le château en résidence royale plus confortable et le fait embellir. Mais la vraie rupture vient de François Ier. En 1528, il fait abattre le vieux donjon, symbole d’un temps révolu, et engage la modernisation des lieux dans le goût de la Renaissance.
C’est à Pierre Lescot que revient le rôle décisif. Vers le milieu du XVIe siècle, l’architecte élève une aile nouvelle, ornée par le sculpteur Jean Goujon, qui pose le vocabulaire classique du futur palais. On passe des murs aveugles d’une forteresse à des façades rythmées, sculptées, ouvertes sur une cour. Cette aile Lescot marque le début de la Cour Carrée, ce grand quadrilatère qui mettra encore des générations à se refermer.
Relier le Louvre aux Tuileries
un grand dessein
Au même moment naît une ambition qui va gouverner le chantier pendant des siècles : relier le Louvre à un autre palais, celui des Tuileries. Catherine de Médicis fait édifier ce dernier un peu à l’ouest, à l’écart, dans les années 1560. L’idée séduit ses successeurs : unir les deux ensembles en un seul palais immense, le long de la Seine.
Sous Henri IV se réalise la pièce maîtresse de ce projet, la Grande Galerie, un très long bâtiment courant au bord de l’eau pour joindre le Louvre aux Tuileries. Ce « grand dessein » ne sera jamais tout à fait achevé d’un seul tenant, mais il fixe pour longtemps la forme du site. Chaque règne, ensuite, ajoutera sa pierre à cette idée de continuité entre les deux palais.
La Colonnade et l’âge classique
Le XVIIe siècle donne au Louvre l’un de ses visages les plus célèbres. Sous Louis XIV, la façade est du palais reçoit une longue rangée de colonnes jumelées, la Colonnade, sobre et majestueuse, très différente de la richesse Renaissance. Elle est le fruit d’un travail collectif, associant notamment Claude Perrault, autour des années 1667-1670, et incarne l’idéal classique français.
Puis vient un tournant paradoxal. En choisissant Versailles comme siège du pouvoir, Louis XIV délaisse le Louvre. Le chantier ralentit, certaines parties restent inachevées, des cours attendent leur toiture. Le palais se remplit alors d’artistes, d’académies et d’ateliers installés dans ses murs. Pendant près d’un siècle, le plus grand palais de Paris vit dans une forme d’inachèvement, faute d’un roi pour l’habiter.
| Bâtisseur | Apport principal | Époque |
|---|---|---|
| Pierre Lescot | Aile Renaissance, début de la Cour Carrée | XVIe siècle |
| Claude Perrault | Colonnade de la façade est | Vers 1667-1670 |
| Visconti puis Lefuel | Nouveau Louvre relié aux Tuileries | Années 1850 |
| Ieoh Ming Pei | Pyramide de verre et hall souterrain | 1989 |
Du palais au musée
Révolution et Nouveau Louvre
La Révolution donne au bâtiment une nouvelle raison d’être. En 1793, une partie du palais ouvre au public sous le nom de Muséum central des arts : le Louvre devient un lieu où l’on montre les collections à tous, et non plus la demeure d’un souverain. Cette vocation ne le quittera plus.
Le grand achèvement, lui, vient au XIXe siècle. Napoléon III reprend le vieux rêve d’unir le Louvre aux Tuileries et fait construire, dans les années 1850, le « Nouveau Louvre », avec de nouvelles ailes et cours dessinées par les architectes Visconti puis Lefuel. Le site atteint alors son ampleur maximale. Mais l’histoire réserve un dernier coup de théâtre : le palais des Tuileries, incendié pendant la Commune en 1871, sera finalement démoli. Sa disparition ouvre la grande perspective vers l’ouest que l’on connaît aujourd’hui.
Le Grand Louvre et la pyramide de verre
Le dernier grand chantier date de la fin du XXe siècle. Le projet du Grand Louvre réorganise en profondeur le musée : on libère des espaces occupés jusque-là par des administrations, on creuse un vaste hall d’accueil souterrain, on repense la circulation des visiteurs. Au centre de la cour Napoléon, l’architecte Ieoh Ming Pei signe une pyramide de verre et de métal, inaugurée en 1989.
D’abord discutée, la pyramide s’est imposée comme le symbole du Louvre moderne. Elle éclaire l’entrée souterraine et fait dialoguer un geste contemporain avec des façades vieilles de plusieurs siècles. C’est peut-être la meilleure image de ce bâtiment : un chantier jamais vraiment terminé, où chaque époque a ajouté sa réponse à celles qui l’avaient précédée.
Qu’était le Louvre à l’origine ?
Une forteresse. Vers 1190, Philippe Auguste la fait bâtir pour protéger Paris à l’ouest, avec un puissant donjon central. Ses fondations médiévales, retrouvées au XXe siècle, se visitent aujourd’hui en sous-sol.
En combien de temps le Louvre a-t-il été construit ?
Il n’a pas de date d’achèvement unique : c’est un chantier de plus de huit siècles, de la forteresse de 1190 à la pyramide de 1989, en passant par la Renaissance et le Nouveau Louvre du XIXe siècle.
Qui a construit le Louvre ?
De nombreux bâtisseurs se sont succédé. Parmi les plus marquants : Pierre Lescot à la Renaissance, Claude Perrault pour la Colonnade, les architectes de Napoléon III (Visconti puis Lefuel) et Ieoh Ming Pei pour la pyramide.
Quand le Louvre est-il devenu un musée ?
En 1793, sous la Révolution, avec l’ouverture du Muséum central des arts. Le palais royal est alors transformé en lieu d’exposition ouvert au public, une vocation qu’il n’a plus quittée.
Pourquoi le palais des Tuileries a-t-il disparu ?
Relié au Louvre, le palais des Tuileries a été incendié pendant la Commune, en 1871, puis démoli dans les années 1880. Sa disparition a ouvert la grande perspective vers l’ouest, des jardins jusqu’à l’Arc de Triomphe.
Le Louvre reste le plus long chantier de Paris : huit siècles pendant lesquels chaque époque a répondu, à sa manière, à celles qui l’avaient précédée.